L’italien littéraire en Amérique du Nord à la fin du 19e siècle : étude linguistique des romans de Bernardino Ciambelli

Abstract

Questo articolo ha per argomento la lingua usata da Bernardino Ciambelli nei suoi romanzi. Alla fine del Novecento, in un periodo di migrazioni massive degli Italiani in Nord America, la creazione delle Little Italies ha permesso l’emergenza di una letteratura specialmente indirizzata a queste popolazioni provenienti da tutte le regioni del paese. Mentre l’italiano era ancora minoritario, che i dialetti prevalevano sul panorama linguistico, la questione di sapere in che lingua un autore poteva scrivere per toccare il pubblico più largo possible si pone naturalmente. Se si considera anche il contesto anglofono che circondava queste comunità, pare interessante vedere come uno scrittore ha potuto adattarsi a tutti questi obblighi. A metà strada tra letteratura popolare, storia sociale e evoluzioni della lingua italiana, questo articolo prova di schiarire tanto gli adattamenti fatti dal romanziere quanto l’ambiente linguistico particolare che ha inciso sulle sue scelte.

Résumé

Cet article a pour objet la langue utilisée par Bernardino Ciambelli dans ses romans. À la fin du 19e siècle, dans une période d’immigration massive des Italiens en Amérique du Nord, la création les Little Italies a permis l’émergence d’une littérature spécialement destinée à ces populations provenant de toutes les régions du pays. Alors que l'utilisation de la langue italienne était encore minoritaire, que les dialectes dominaient largement le panorama linguistique, la question de savoir en quelle langue un auteur pouvait écrire pour toucher le plus de public possible se pose naturellement. Si on considère également le contexte anglophone qui encerclait ces communautés, il parait intéressant de voir comment un écrivain a pu s’adapter à ces contraintes. À mi-chemin entre littérature populaire, histoire sociale et évolution de la langue italienne, cet article tente d’éclaircir autant les adaptations faites par ce romancier que l'environnement linguistique particulier qui a influencé ses choix.

Texte intégral

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La langue italienne durant l’Ottocento

 

Le 19e siècle est un tournant important pour la littérature et la langue italiennes. À une époque où les dialectes sont encore en position de force, la recherche d’un italien « unitaire » connaît une évolution majeure grâce au travail d’Alessandro Manzoni 1 . La question est ancienne – Dante avait déjà approché l’idée du volgare dans le Convivio ou le De vulgari eloquentia 2 – mais c’est en décidant de retravailler le Fermo et Lucia, commencé en 1821, que l’auteur milanais s’attacha à créer un langage plus adapté à la conversation ou à une communication de style non littéraire 3 . À travers les différentes éditions des Promessi sposi, publiées entre 1827 et 1840, Manzoni traça ainsi la voie pour l’unification linguistique 4 en se basant sur le toscan. Après le Risorgimento, il participa également à des commissions ministérielles et rédigea un rapport intitulé Dell’unità della lingua e dei mezzi di diffonderla, proposant différentes solutions pour universaliser la langue italienne : l’élaboration d’un dictionnaire, une préférence pour les enseignants toscans, des aides financières aux villes qui les embaucheraient, etc. 5 .

L’impact fut tel que de nombreux auteurs de la seconde moitié du 19e siècle adoptèrent les innovations « manzoniennes » et les intégrèrent dans leur langue, aidant ainsi à la diffusion de ce nouvel italien.

L’Italie, pays d’émigration

En même temps, la fin du 19e siècle est une période marquée par une grande vague d’émigration qui emportera environ quatre millions d’Italiens aux États-Unis 6 . La pauvreté, les crises sanitaires comme l’épidémie de choléra qui toucha la Sicile dans les années 1880 7 , les promesses d’emploi offertes par les États-Unis, comptent parmi les raisons qui ont poussé de nombreux Italiens à destination de New York, le principal port d’entrée pour ce pays à la fin du 19e siècle.

Une telle affluence de population, majoritairement pauvre et peu qualifiée, aura pour conséquence la création des quartiers que l’on appelle aujourd’hui Little Italies. Installées dans des périphéries modestes 8 et proches des usines 9 , ces Little Italies imposaient aux immigrés des conditions de vie difficiles. Afin de faciliter leur implantation, ces quartiers proposèrent, au fur et à mesure, de plus en plus de services, en italien, pour les émigrés : banques, hôpitaux, etc. 10 . Dans ce cadre, se développa également une vie culturelle avec, par exemple, l’ouverture de théâtres 11 , l’édition de livres ou la publication de journaux, permettant ainsi aux Italiens de conserver une culture proche de celle qu’ils avaient quittée.

Le roman feuilleton, un genre en vogue

Selon la mode de l’époque, ces périodiques publiaient des romans feuilleton, paraissant chapitre après chapitre, et qui traitaient d’aventures, de crimes ou encore de romances. L’impact de ces histoires sur les lecteurs était très important car la première règle qu’elles respectaient était de s’intéresser à leur quotidien : elles évoquaient des quartiers, des situations qui leur étaient familières.

Ces livres étaient destinés à être lus par le plus grand nombre et utilisaient généralement une langue simple, fondamentalement traditionnelle avec une patine archaïque, mais ouverte à l’actualité et contenant des clins d’œil à cette fin de siècle, immergée dans la culture positiviste 12 . Selon Michele Colombo, cet idiome se simplifia au fil du temps, tout en conservant quelques traits littéraires et quelques « fioritures » rhétoriques 13 . Le niveau linguistique était globalement assez médiocre, et laissait de côté le dialecte pourtant incontournable étant donné la méconnaissance générale, de la part du lectorat, de la nouvelle langue nationale 14  ; à l’opposé, ces auteurs se montraient très ouverts à l’usage d’emprunts et à tout ce qui était à la mode en cette fin de siècle 15 .

Bernardino Ciambelli (1862? – 1931)

Parmi ces millions d’Italiens venus en Amérique, on compte un bon nombre de lettrés qui travaillèrent dans la presse de la communauté italienne, et parmi ceux-ci, Bernardino Ciambelli. Né vers 1862 à Lucca (Toscane), il aurait émigré vers 1880 16  ; il fut entre autres employé au journal Il Progresso Italo-americano, le plus important quotidien de cette communauté, et qui pouvait atteindre jusqu’à 175.000 copies vendues 17 . Hormis les traces qu’il a pu laisser via ses articles (et qui nous permettent de savoir qu’il a œuvré dans différents États du pays), nous ne savons que peu de choses de lui. Ce qui est certain, c’est qu’il fut un auteur de fiction très prolifique, mais la plupart de ses textes sont désormais perdus. Si Francesco Durante a trouvé la trace d’une trentaine de publications, il ne reste plus aujourd’hui que quatre romans et une pièce de théâtre dans les bibliothèques présentes sur les réseaux SUDOC ou sur worldcat.org. Cet auteur, aujourd’hui totalement inconnu du public, était à la fin du 19e siècle « The most widely acclaimed Italian writer in America » 18  ; c’est en tenant compte de son grand succès à l’époque que nous pouvons prendre conscience de l’importance de la langue qu’il utilisait dans ses romans.

Analyse linguistique

À travers trois romans différents : I misteri di Mulberry (1893), I misteri della polizia : il delitto di Water Street (1895), et I misteri di Bleecker St. (1899), il est possible d’en découvrir plus sur les usages de Ciambelli.

Phonétique

D’un point de vue phonétique on note une nette préférence pour un registre littéraire, quitte à aller, à certains moments, à l’encontre des choix « manzoniens ». Un premier exemple est celui des diphtongues – dans le cadre du vocalisme tonique, mais le constat est identique pour l’atonie – pour lesquels nous voyons, soit une stabilité littéraire, comme nous l’observons avec le verbe muovere : « restavano stretti l‘uno all’altro, come soldati che muovono all’assalto del nemico » (Ciambelli, 1893, p. 2) ou « Restò a lungo senza muoversi » (Ciambelli, 1899, p. 173) ; soit une alternance avec la réduction en –o-, une toscanisation adoptée par l’auteur de I Promessi sposi 19  : «quel timore da donnicciuole che li aveva invasi» (Ciambelli, 1893, p. 171) et « Le donnicciole non mancarono di mettere innanzi, il dito di Dio » (Ciambelli, 1893, p. 314). Toujours dans un registre de langue élevé, nous pouvons évoquer l’assimilation protonique 20 , telle que : « la sua bellezza era maravigliosa » (Ciambelli, 1899, p. 8) qui connaît également l’alternance entre meraviglioso et maraviglioso. Ou enfin, le i– prosthétique « egli era come istupidito » (Ciambelli, 1895, p. 33), courant dans la prose de l’Ottocento, même si son utilisation diminuait sous l’influence de Fornaciari et Gherardini 21 .

Malgré cette large domination, nous observons de timides marqueurs d’un registre plus populaire, telle que la dégémination de –pp 22  : «in quella cameretta tapezzata di celeste» (Ciambelli, 1893, p. 7) ou de l’aphérèse 23 dont l’unique exemple dans les trois romans consultés est : « Quando i due agenti ebbero spezionato ben bene il teatro del delitto » (Ciambelli, 1895, p. 30).

Morphologie

D’un point de vue morphologique également, on constate que c’est une option littéraire qui se démarque, à travers les formes du présent debbo 24 (parallèlement à l’emploi de devo) : « io vi debbo più della vita » (Ciambelli, 1893, p. 311) ou « Io debbo pensare al tuo avvenire » (Ciambelli, 1895, p. 10) ; la terminaison –ea de l’imparfait avea, dovea, etc. 25  : « il matrimonio si dovea fare anche malgrado la indisposizione di Fanny » (Ciambelli, 1893, p. 221) ou « si riprometteva di conoscere il segreto di Otis, se un segreto avea » (Ciambelli, 1899, p. 328). En ce qui concerne les noms, nous notons une préférence pour les terminaisons du pluriel en –cie plutôt que –ce 26 , comme nous le voyons dans les extraits suivants : « Delle donnaccie della peggiore specie, con gli abiti a brandelli » (Ciambelli, 1893, p. 44) et « i diamanti dall’acqua purissima parevano goccie di rugiada » (Ciambelli, 1899, p. 422). Comme ce fut le cas pour la phonétique, les phénomènes présentés ici connaissent une oscillation fréquente.

Pour la morphologie aussi, la domination de ce registre est large et le langage populaire n’apparaît que succinctement avec, par exemple, le remplacement de essere par avere pour certains verbes intransitifs 27  : « Certo in giornata si avrebbe saputo, se qualcuno degli impiegati delle case fosse tornato a casa ferito » (Ciambelli, 1893, p. 174) ou « Eugenia aveva impallidito » (Ciambelli, 1893, p. 254).

Morphosyntaxe

Concernant la morphosyntaxe, le constat sera identique à celui des deux paragraphes précédents : Bernardino Ciambelli utilise toujours un niveau de langue élevé. Que ce soit la présence du gérondif absolu 28  : « il console di Francia erasi occupato di Alì, essendo questo suddito francese » (Ciambelli, 1895, p. 89) ou « contavano sulla parola della vittima, avendo il medico dell’ambulanza, dopo una visita molto lesta, dichiarato che viveva ancora » (Ciambelli, 1899, p. 214). Signalons à l’avenant la présence de la conjonction onde 29  : « una corda onde fuggire con l’amante » (Ciambelli, 1893, p. 89) et « stava per partire alla volta dell’Italia, onde andare a godere qualche mese di meritato riposo » (Ciambelli, 1899, p. 72). Il est intéressant de noter une forte hausse dans l’utilisation de cette conjonction qui passe d’une seule occurrence dans le premier roman à 72 dans le dernier étudié ici, prouvant ainsi que le romancier n’a pas cessé ses prétentions de langage élevée, et qu’au contraire, il s’est conforté dans la volonté d’écrire de manière très littéraire. Dernier phénomène de ce registre que nous pouvons citer, l’emploi du pronom ella au lieu de lei 30 comme nous l’observons dans ces extraits : « ella dimenticava tutto, torture, dolori, la vita orrenda che conduceva » (Ciambelli, 1893, p. 267) et « Sì, ella vide per prima il cadavere e ne risentì una scossa terribile » (Ciambelli, 1895, p. 31).

La langue populaire apparaît plus vivante au travers de la morphosyntaxe, on peut entre autres citer le cas de certaines constructions « verbes + a + infinitif », comme par exemple : « A volte era tentato a domandare, invocare, volere che la giustizia americana decidesse della sua sorte » (Ciambelli, 1893, p. 297), ou encore « Alberti dopo cena erasi recato da Bertini, per pregarlo a interessarsi presso l’agente generale dell’Hamburg Line » (Ciambelli, 1899, p. 135) 31 . Autre exemple, il remplaçant lo, devant fricative dentale 32 dont l’unique cas est le suivant : « il zerbinotto che ti ha posseduto » (Ciambelli, 1893, p. 255).

Syntaxe

L’étude syntaxique révèle une forte utilisation de figures de styles, attestant toujours des prétentions littéraires du romancier. Voyons par exemple ces anadiploses : « La sera stessa che Fanny fu guarita, guarita per opera di Leonardi » (Ciambelli, 1893, p. 298) et « Anche lui era in preda alla febbre, febbre di gelosia » (Ciambelli, 1895, p. 65) ; ou encore ces anaphores : « Perché ho sete d’oro, perché voglio essere grande, rispettato, temuto, perché sento in me istinti da conquistatore » (Ciambelli, 1893, p. 172) ; « Morire lontana dal suo babbo adorato, morire nel fior degli anni e per mano di una sorella. Morire dopo avere sentito le parole di odio » (Ciambelli, 1899, p. 72). Le déplacement à droite des possessifs 33 appartient aussi à ce registre : « Essa non sarebbe la sposa sua, se il padre non fosse salvo dalla morte » (Ciambelli, 1895, p. 124) ou encore « William e l’amico suo si recarono alla elegante palazzina » (Ciambelli, 1899, p. 22). Nous pouvons enfin évoquer ces cas d’ordre régressif 34  : « recava la calda bevanda in un gran recipiente di latta » (Ciambelli, 1895, p. 59) ou encore « si riposava, come lo stanco viaggiatore del deserto che trova l’oasi » (Ciambelli, 1899, p. 190).

Parallèlement à cela, s’observent dans les romans des marqueurs d’oralité, comme la dislocation à gauche du complément d’objet direct et indirect, avec reprise du pronom personnel 35  : « forse Boni quel miracolo lo avrebbe potuto fare » (Ciambelli, 1893, p. 214) « George il vostro spavento lo comprendo » (Ciambelli, 1895, p. 40) ; ou le redoublement expressif 36  : « L’avvocato non rispose, ma si fece rosso, rosso » (Ciambelli, 1893, p. 135) et « il cielo appariva scuro, scuro » (Ciambelli, 1899, p. 350). Autre phénomène de ce registre, le che avec valeur temporelle 37  : « Il giorno che cominciò il processo di Henry Stuart » (Ciambelli, 1895, p. 94) ou « suo padre si suicidò il giorno che i poliziotti lo conducevano in prigione » (Ciambelli, 1899, p. 52).

Les emprunts

Le dernier point de cette partie sur l’analyse linguistique porte sur les emprunts. Nous reviendrons sur leur présence dans l’analyse lexicale, mais ce qui est à noter dans cette partie d’analyse linguistique, c’est que Bernardino Ciambelli ne fait pas que les intégrer, il les accorde : « i policemen stessi se ne stavano rintanati entro i corridoi delle case » (Ciambelli, 1895, p. 6) ou « nei bar-rooms, si bevve allegramente » (Ciambelli, 1899, p. 452). Nous observons malgré tout des oscillations : « alzava forte la voce bestemmiando e insultando i policeman » (Ciambelli, 1893, p. 141) ou « ibar-room“, furono di nuovo affollati » (Ciambelli, 1899, p. 76).

Plus intéressant, il attribue un genre à ces emprunts : « scorse tre vaporini, fermi a poche yards di distanza » (Ciambelli, 1893, p. 242) ou « Otis prese una box riservata » (Ciambelli, 1899, p. 167). La règle veut, selon Marcello Sensini, que si ces mots font référence à un être animé, on utilise le masculin ou le féminin, en fonction du genre. Alors qu’en cas d’objet inanimé, il faut privilégier le masculin. Mais le parlant peut utiliser dans certains cas le féminin, si le mot équivalent en italien fait de même, comme pour la gang 38 . Si box peut renvoyer à una cassetta, il est plus difficile d’expliquer quel mot aurait à l’époque influencé una yard. Concernant le français champagne, nous retrouvons l’oscillation fréquente chez cet écrivain : le masculin est privilégié, mais nous observons quand même ces deux exemples tirés de I misteri della polizia : il delitto di Water Street : « appena entrato nella sala ordinò della Champagne » (Ciambelli, 1895, p. 21) et « Le danze seguitarono abbastanza decenti per qualche tempo, ma nuova Champagne fu portata » (Ciambelli, 1895, p. 21).

Analyse lexicale

Le vocabulaire employé tout au long des romans permet de compléter l’image plutôt littéraire que nous nous faisons de la langue de Bernardino Ciambelli. Ainsi, l’utilisation du verbe guatare : « Il toro guatò l’audace che osava affrontarlo » (Ciambelli 1899, p. 241), quasiment disparu du lexique littéraire mais qui réapparaît dans la deuxième partie de l’Ottocento 39  ; ou celle des adjectifs sitibondo : « capirete che il mio cuore non è setibondo di amore ; ma di vendetta ! » (Ciambelli, 1893, p. 247) 40 ou ceruleo : « Enrico l’amava, lo aveva letto nei suoi occhi cerulei » (Ciambelli, 1899, p. 141).

Parallèlement, les romans populaires étaient friands de nouveautés technologiques et la langue utilisée accueillait fréquemment le vocabulaire correspondant 41  : nous l’observons régulièrement chez Ciambelli avec, entre autres, les exemples de fotografia : « non consegnerà la somma che alla persona la quale gli presenterà la fotografia dimezzata che tieni fra le mani » (Ciambelli, 1895, p. 11) ou telefono : « Byrnes per mezzo del telefono si pose in comunicazione col direttore del Manicomio » (Ciambelli, 1893, p. 178).

En se tournant vers les emprunts, on note de nombreux gallicismes, avec en particulier le champ lexical du spectacle : Paris étant perçue à l’époque comme une capitale à la pointe de la vie culturelle 42 , de nombreux termes furent adoptés par les auteurs italiens. Nous retrouvons ainsi dans les romans de Ciambelli, des mots comme matinée : « i principali teatri danno il mattinée » (Ciambelli, 1899, p. 52) ou can-can : « cominciò a danzare con frenesia il can-can » (Ciambelli, 1895, p. 21) ; auxquels nous ajoutons ce mélange entre l’expression café chantant et le terme italien caffè : « divenne un frequentatore dei Caffè Chantant di Bowery » (Ciambelli, 1893, p. 22).

Quant aux anglicismes, ils étaient déjà nombreux à avoir pénétré la langue italienne en cette fin de siècle, comme c’est le cas de boss : « si dichiarò pronto, qualora venisse accettato a fare da « boss » ai lavoranti che dovevano partire » (Ciambelli, 1893, p. 23) ou yacht 43  : « un piccolo porto accoglieva le lancie dei Yachts signorili che incrociavano nelle acque di Astoria » (Ciambelli, 1899, p. 203). Une première nouveauté apportée par Bernardino Ciambelli, c’est l’intégration de termes alors inconnus en Italie, comme c’est le cas de cable-car : « giunti in Broadway, salirono sul cable-car e venti minuti dopo scesero innanzi alla porta del teatro » (Ciambelli, 1899, p. 167) ou grocery-store : « guadagnare tanto, che bastasse a pagare le spese del grocery-store » (Ciambelli, 1893, p. 127). En empruntant ces mots, il donne à ses lecteurs des repères de leur quotidien, et il ira même plus loin en utilisant des inventions italo-américaines. En effet, au détour des romans, nous retrouvons le mot bossatura, très présent dans le langage de l’époque 44  : « i bosses si fanno pagare un poco cara la loro “bossatura” come vien chiamata » (Ciambelli, 1893, p. 23). Second exemple, cacaroccio : « quelle bestioline color tabacco chiaro, che, con termine italianizzato, si chiamano cacarocci » (Ciambelli, 1893, p. 44) ; il s’agirait, selon Salvatore Taormina dans son roman Il cuore oltre l’Oceano, d’une italianisation de cockroach : « Luciano odiava ripetere le parole a pappagallo, così, dopo una ricerca epocale, riuscì a trovare la radice del vocabolo, “roach”, abbreviazione di “cockroach”, pronuncia “cakroush”, in sicul-american cacarocci » 45 . Mais Hermann Haller donne une autre explication : dans un ouvrage sur la langue d’Eduardo Migliaccio, il considère ainsi que le terme cacaroccia provient de l’espagnol cucaracha 46 . On note immédiatement une différence de genre entre les deux propositions ; si pour Ciambelli et Taormina, il s’agit d’un mot masculin, Haller considère que le terme est féminin ; l’étymologie ne permet pas de trancher entre ces deux propositions : en effet, cockroach provient de l’espagnol cucaracha. Même si l’importance du travail d’Haller sur les évolutions de la langue italienne ne peut être remise en question, l’antériorité de Ciambelli, l’explication qu’il fournit et la confirmation d’un auteur italo-américain laissent à penser qu’il s’agit bien d’une création interne à la Little Italy. Notons tout de même qu’avec ces deux uniques cas, nous sommes bien loin du foisonnement de vocabulaire que Pascoli mit en scène dans son poème Italy 47 ou attesté par  l’étude d’Elton Prifti Italoamericano : Italiano e inglese in contatto negli USA. Analisi diacronica variazionale e migrazionale. Mais Prifti a principalement étudié la langue parlée, plus ouverte aux innovations et logiquement en opposition aux prétentions littéraires du romancier lucquois.

Le dialecte 

Celui qui peut apparaître comme le grand absent de ces analyses est, on le note aisément, le dialecte. Quid des langages vernaculaires qui dominaient dans ces quartiers ? Ils sont presque complétement absents. Rares sont les cas que nous pourrions relier à des patois : peut-être la forme « sensa misericordia » (Ciambelli, 1899, p. 160), où le son ts est remplacé par s, un phénomène d’origine lucquoise 48 comme le romancier, mais étant le seul cas de sensa alors que la préposition senza est utilisée fréquemment, il faudrait plutôt opter pour une erreur typographique. Plus significative, la conservation du sujet pronominal est aussi un marqueur dialectal 49 , nous l’observons régulièrement : « io tolsi dalla mia tasca il coltello » (Ciambelli, 1895, p. 34) ou « io sono un uomo onesto, caddi in mano di furfanti » (Ciambelli, 1899, p. 127).

Concernant le vocabulaire, nous ne trouvons que quelques bribes, comme ici le sicilien picciotto : « -Maestro Matteo, -rispose il babbo -sono vecchio « picciotto », so le convenienze » (Ciambelli, 1893, p. 108) ; neccio, un plat toscan à base de châtaignes : « voleva rivedere i Bagni di Lucca, bevere un bicchiere con i vecchi amici, fare una scorpacciata di quei necci saporiti di farina di castagne » (Ciambelli, 1899, p. 354) ; ou enfin botte, un terme romain qui désigne des calèches : « Salì in una botte, – così si chiamavano a Roma le carrozze da piazza – e si fece condurre ad ammirare la città » (Ciambelli, 1899, p. 342). À la différence de picciotto, Ciambelli se sent obligé de préciser qu’il s’agit d’un plat à base de châtaignes pour neccio, et de donner, en périphrase, une définition de botte ; cela nous permet de constater une graduation entre du vocabulaire dialectal suffisamment courant dans la communauté italienne pour être compris par tous, et en complément, une strate de mots moins diffusés, pour lesquels l’auteur considère qu’une explication est nécessaire au public.

Les alternances

Nous observons également, à la lecture des livres, beaucoup d’alternances : elles démontrent selon Hermann Haller l’« incertitude de l’usage » 50 , mais chez Ciambelli, ces oscillations semblent principalement dues à des choix stylistiques, que ce soit pour parsemer ses récits de formes plus « prestigieuses » et faire montre de sa culture, ou tout simplement pour éviter certaines répétitions ; nous pourrions également considérer une adaptation à certains personnages, en fonction de leurs origines sociale ou régionale mais à la lecture des romans, elle n’est pas flagrante, tant certains dialogues semblent stéréotypés. Le mode de publication peut apporter une autre explication : en publiant chapitre par chapitre ses textes, des erreurs, des variations sont toujours possibles, et ce, tout au long du processus d’édition.

L’alternance est aussi rattachable à une persistance de ces formes auliche dans la langue journalistique de l’Ottocento 51 . Étant donné que Ciambelli a travaillé dans différents quotidiens italo-américains, il est tout à fait envisageable que sa langue ait subi ce type d’influences. Difficile de savoir, presque 90 ans après la mort du romancier, ce qui a pu motiver ces choix, mais leur fréquence et leur nombre interrogent malgré tout.

Conclusion

Romancier prolifique, mais aux qualités narratives assez réduites, Bernardino Ciambelli est aujourd’hui tombé dans l’oubli. Son style d’écriture, comme le décrit Martino Marazzi : « La sua forza, la sua specificità se si vuole, risiede nell’impudente trasandatezza, nella faccia tosta con cui continua a propinare le più improbabili assurdità servendole con una prosa traballante ma pur sempre leggibile » 52 , n’aura pas marqué son temps.

Nous le constatons, il s’inspira très largement pour ses romans de la tradition littéraire de son siècle, faisant fi du réalisme que l’on aurait pu attendre dans ce contexte si particulier de communautés composées de migrants d’origines si diverses. Les dialectes, alors en position privilégiée dans ces quartiers, sont presque complétement absents, ce qui correspond aux usages du roman populaire, et les néologismes internes aux Little Italies sont rares. Le public devait dès lors rencontrer quelques difficultés à la lecture de ces récits, mais il ne faut pas négliger la tradition de lecture publique très en vogue à l’époque. Les migrants avaient conservé cette tradition culturelle des récitations communautaires, durant lesquelles ceux qui connaissaient les rudiments de base lisaient toutes sortes de textes pour les autres 53  ; ces veilles eurent ainsi une grande importance dans la connaissance de l’italien durant l’Ottocento 54 .

Malgré tout cela, le succès qui fut le sien en fait un témoin privilégié de ce qui était lu – et pouvait été lu – par ces millions d’émigrés et c’est là tout l’intérêt qu’il peut avoir aujourd’hui : dans un contexte très particulier, majoritairement dialectophone, avec des taux d’alphabétisation très bas, comment écrire des histoires compréhensibles par le plus grand nombre ? Bernardino Ciambelli répond à cette question en proposant une langue proche de la tradition, privilégiant les emprunts aux dialectes. Ces derniers – si on considère l’habitude de l’époque de s’installer par région, voire par village d’origine 55 – avaient peut-être le tort d’aller à l’encontre d’une conception communautaire, unitaire du quartier, et pour éveiller en ces Italiens la notion identitaire nationale, le romancier fit le choix de leur parler en une langue neutre, pour tous.

 



Notes    (↵ returns to text)
  1. Maurizo Dardano, « Romanzo », Storia dell’italiano scritto, vol. 2, Prosa letteraria, éd. Giuseppe Antonelli, Matteo Motolese et Lorenzo Tomasin, Roma, Carocci, 2014, p. 361.
  2. Claudio Marazzini, La Lingua italiana. Profilo storico, Bologna, Il Mulino, 2002, p. 205.
  3. Michele, Colombo, Il romanzo dell’Ottocento, Bologna, Il Mulino, 2011, p. 39.
  4. Silvia Morgana, « Profilo di storia linguistica italiana », Elementi di linguistica italiana, Ilaria Bonomi, Andrea Masini et Silvia Morgana, Roma, Carocci, 2010, p. 246.
  5. Luca Serianni, Il secondo Ottocento : dall’Unità alla prima guerra mondiale, Bologna, Il Mulino, 1990, p. 42.
  6. Donna Gabaccia, Immigration and American diversity. A social and cultural history, Malden, MA, Blackwell publishers, 2002, p. 140.
  7. Leonard Dinnerstein, Roger L. Nichols et David M. Reimers, Natives and Strangers : a multicultural history of Americans, New York, Oxford UP, 1996, p. 130.
  8. Samuel Baily, « The Adjustment of Italian Immigrants in Buenos Aires and New York, 1870-1914 », The American Historical Review 88 / 2, 1983, p. 287-289.
  9. Ibid., p. 291.
  10. S. Baily, op. cit., p. 292.
  11. D. Gabaccia, op. cit., p. 156.
  12. L. Serianni, op. cit., p. 20.
  13. M. Colombo, op. cit., p. 64.
  14. Laura Ricci, « Paraletteratura », Storia dell’italiano scritto, vol. 2, Prosa letteraria, éd. Giuseppe Antonelli, Matteo Motolese et Lorenzo Tomasin, Roma, Carocci, 2014, p. 286.
  15. Ibid., p. 287.
  16. Francesco Durante, Italoamericana, vol. 2, Storia e letteratura degli italiani negli Stati Uniti 1880-1943, Milano, Mondadori, 2005, p.145.
  17. Rudolph J. Vecoli, « Negli Stati Uniti », Storia dell’emigrazione italiana, vol. 2, Arrivi, éd. Piero Bevilacqua, Andreina De Clementi et Emilio Franzina, Roma, Donzelli Editore, 2002, p. 66.
  18. Rose Basile Green, The Italian-American novel. A document of the interaction of two cultures, Rutherford, NJ, Fairleigh Dickinson UP, 1974, p. 64.
  19. L. Serianni, op. cit., p. 86.
  20. Gerhard Rohlfs, Grammatica storica della lingua italiana e dei suoi dialetti, vol. 1, Fonetica, Torino, Einaudi, 1966, p. 162-164.
  21. B. Migliorini, op. cit., p. 563.
  22. Salvatore Claudio Sgroi, Scrivere per gli italiani nell’Italia post-unitaria, Firenze, Franco Cesati, 2013, p. 212.
  23. Ibid., p. 110.
  24. Nadia Ciampaglia, « La “Cieca di Sorrento” e la scrittura narrativa di Francesco Mastriani : primi sondaggi linguistici », Linguistica e letteratura 37 / ½, 2012, p. 246.
  25. S. Sgroi, op. cit., p. 35.
  26. Ibid., p. 35.
  27. Manlio Cortelazzo, Avviamento critico allo studio della dialettologia italiana, vol. 3, Lineamenti di italiano popolare, Pisa, Pacini ed., 1986, p. 171.
  28. S. Sgroi, op. cit, p. 188.
  29. Luca Serianni, Grammatica italiana. Italiano comune e lingua letteraria, Torino, UTET, 2006, p. 323.
  30. Tina Matarese, « La lingua », Manuale di letteratura italiana : storia per generi e problemi, vol. 4, Dall’Unità d’Italia alla fine del Novecento, éd. Franco Brioschi et Costanzo Di Girolamo, Torino, Bollati Boringhieri, 1996, p. 200.
  31. M. Cortelazzo op. cit., p. 113-114.
  32. S. Sgroi, op. cit., p. 255.
  33. N. Ciampaglia, op. cit., p. 251.
  34. S. Sgroi, op. cit., p. 139-140.
  35. Ibid., p. 61.
  36. Marie-Albane Watine, « Les âges de la réduplication », Semen 38, 2013, p. 7.
  37. S. Sgroi, op. cit., p. 120.
  38. Marcello Sensini, La grammatica della lingua italiana, Milano, Oscar Mondadori, 1997, p. 98.
  39. B. Migliorini, op. cit., p. 655.
  40. Adjectif pour lequel on constate l’oscillation setibondo / sitibondo.
  41. M. Colombo, op. cit., p. 63.
  42. B. Migliorini, op. cit., p. 661.
  43. Tout ce qui concernait le lexique maritime était généralement dérivé de l’anglais, B. Migliorini, op. cit., p. 663.
  44. Elton Prifti, Italoamericano : Italiano e inglese in contatto negli USA. Analisi diacronica variazionale e migrazionale, Berlin, De Gruyter, 2014, p. 268.
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  52. « Sa force, sa spécificité si on peut dire, réside dans la négligence impudente, dans l’audace avec lesquelles il continue à faire avaler les plus improbables absurdités, les servant avec une prose bancale mais malgré tout lisible », Martino Marazzi, Misteri di Little Italy. Storie e testi della letteratura italoamericana, Milano, Franco Angeli, 2001, p. 23.
  53. Franco Pierno, « La ‘lingua raminga’. Appunti su italiano e discorso identitario nella prima stampa etnica in Nord America », Lingua e identità a 150 anni dall’Unità d’Italia, éd. Matteo Brera et Franco Pirozzi, Firenze, Franco Cesati, 2011, p. 67-68.
  54. M. Colombo, op. cit., p. 452-457.
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Auteur

Pierre-Vincent Ruscher est docteur ès lettres de l’Université de Strasbourg. Sa thèse est intitulée "Bernardino Ciambelli : auteur-journaliste et témoin linguistique de l'évolution de l'italien en Amérique du Nord : 1880-1914". Ses recherches à la croisée de différentes thématiques : histoire, linguistique et littérature populaire, ont porté sur les évolutions linguistiques de l’italien littéraire dans le cadre des Little Italies nord-américaines au tournant des 19e et 20e siècles.

Pour citer cet article

Pierre-Vincent Ruscher, L’italien littéraire en Amérique du Nord à la fin du 19e siècle : étude linguistique des romans de Bernardino Ciambelli, ©2021 Quaderna, mis en ligne le 10 mai 2021, url permanente : https://quaderna.org/litalien-litteraire-en-amerique-du-nord-a-la-fin-du-19e-siecle-etude-linguistique-des-romans-de-bernardino-ciambelli/

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