Journée d’étude « Pouvoir et Émotions : Sensibilités, représentations et gouvernance. France-Espagne (XVI-XVIIIe) »

MSH Paris Nord, 13 septembre 2019

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Le 6 novembre 2020 s’est tenue, sous modalités virtuelles, la journée d’étude « Pouvoir et émotions : sensibilités, représentations et gouvernance. France-Espagne (XVI-XVIIIe siècles) ». Plusieurs fois repoussée pour causes de grève ou de crise sanitaire, cette manifestation organisée par Sarah Pech-Pelletier (Université Paris 13, Pléiade), Christine Orobitg (Université Aix-Marseille, TELEMME) et Stanis Pérez (MSH Paris Nord, Pléiade) aura finalement pu se dérouler grâce à la détermination et à la ténacité de ses organisateurs, soutenus par le laboratoire Pléiade et la MSH Paris-Nord.

 

   Dix chercheurs et chercheuses se sont penchés sur l’étude de l’émotion et de son rapport au monde du pouvoir. Le choix de la visée comparative entre deux pays alors ennemis fut facilement justifié par Stanis Pérez qui, dans l’introduction à la journée d’étude, mit en avant les rapprochements d’ordre politique et idéologique qui s’opéraient entre la France et l’Espagne à l’époque moderne. Cette période fut privilégiée par les différents intervenants même si quelques communications permirent d’aborder le rapport à l’émotion dès l’Antiquité (Audrey Becker), en tant que fondement des doctrines des XVI-XVIIe siècles, ou après le XVIIe (Nicolas Vidoni). Au-delà de la prise en compte des réalités de deux pays sur une longue période de temps, la journée d’étude invitait également à multiplier les axes de recherche en s’intéressant à l’émotion à travers sa représentation, sa manipulation par ou contre le pouvoir politique, sa circulation ou sa répression 1 . Laissant de côté la psychologie historique très en vogue il y a quelques décennies mais dont les méthodes anachroniques par rapport à l’époque étudiée ont été souvent critiquées, les organisateurs et les participants ont privilégié la voie de l’histoire politique et de l’histoire culturelle pour traiter ce thème.

 

   Bien que les organisateurs aient renoncé à la thématisation des différentes parties du programme originalement prévue 2 (décision sans doute liée aux difficultés rencontrées dans l’organisation de l’événement), les communications abordaient avant tout trois axes. Le premier axe s’intéressa à l’opposition entre émotion populaire et émotion des élites. La problématique de l’expression de l’émotion du Prince constitua le deuxième axe et, pour finir, le troisième axe se centra sur la représentation artistique et symbolique de l’émotion par le pouvoir.

 

   Nicolas Vidoni (Université Paul Valéry – Montpellier 3, CRISES) ouvrit la journée et la réflexion en s’interrogeant sur les différences dans l’expression de l’émotion populaire et celle des élites. S’intéressant à la période révolutionnaire française, sa communication « Exprimer l’émotion : construire et agencer un nouvel ordre politique à Montpellier en 1789-1790 », était une synthèse de l’étude de sources administratives : les comptes rendus des séances de deux assemblées de représentants de cette ville de pouvoir ; d’une part le Conseil des Vingt-quatre (représentant l’élite) et la Nouvelle Assemblée représentative, composée des représentants de quartier, d’autre part. La retenue est ce qui semble caractériser l’expression des sentiments chez les représentants de l’élite dont l’émotion, si peu souvent exprimée, servait avant tout à conformer une relation étroite entre l’individu et la communauté afin de mettre en avant les idées d’harmonie, de concorde et d’unanimité. La comparaison avec les comptes rendus de l’assemblée des représentants de quartier, plus populaire bien qu’essentiellement constituée de membres des classes sociales aisées, permit à Nicolas Vidoni de constater une plus fréquente expression des sentiments auxquels sont conférés un rôle structurant. La question du lien existant entre l’ordre politique et l’expression de l’émotion devient centrale au moment où les différents pouvoirs sont bousculés et cherchent à se légitimer. La Nouvelle Assemblée développe une politique du cœur, cherchant à affirmer son amour envers le roi considéré comme la victime des mauvais ministres, seuls responsables des dérives du gouvernement. Cet argument n’est pas caractéristique de la période révolutionnaire française étant donné qu’il fut utilisé dès le XVe siècle.

Les conclusions de Nicolas Vidoni sur la France du XVIIIe siècle firent écho à celles de Stanis Pérez concernant le pays un siècle plus tôt. En effet, son intervention « Pleurer pour son roi malade : l’annonce de l’opération de Louis XIV (1686) décrite par l’abbé de Choisy » s’articulait autour du récit de la réaction du peuple lorsqu’il apprit la maladie de son roi, son opération et le succès de celle-ci de manière simultanée. Selon Stanis Pérez, ce qui intéressait l’abbé n’était pas tant l’information de la maladie du roi, élément sur lequel, par pudeur, il ne donne que très peu de détails, que l’émotion partagée d’un peuple inquiet pour son monarque. Cette préoccupation ne devint ainsi que le reflet de l’amour des sujets envers le roi, symbole de leur adhésion au régime. L’émotion, ressentie tout autant par le dauphin que par les porteurs de chaise, se fait donc ciment social au même titre que les acclamations lancées par les représentants nouvellement élus à Montpellier. En effet, dans les comptes rendus de séance étudiés par Nicolas Vidoni il est fait mention de gestes (applaudissements et acclamations) chargés d’exprimer un sentiment partagé par l’ensemble des membres. Ce phénomène d’économie émotionnelle ajoute encore à l’idée d’harmonie et de concorde.


            L’utilisation de l’émotion comme lien et consolidation du consensus fut étudiée dans le cas de la Madrid du XVIe siècle par Emmanuelle Buvat (Sorbonne Université, CHECLA). Dans « Vers un théâtre des émotions refoulées. Stratégie politique et instrumentalisation des processions madrilènes au XVIe siècle », la chercheuse montra que l’harmonie émotionnelle que souhaitaient susciter les différents pouvoirs, municipaux, religieux et royaux servait également de propagande face aux représentants étrangers en visite dans la jeune capitale. La joie, l’émerveillement et l’admiration racontées par les relaciones de suceso permettaient de légitimer ces pouvoirs et de magnifier leur autorité. Ces écrits de type informatif décrivaient toute la cérémonie et accordaient une place importante au récit de la réaction de la foule face aux décors, donnant ainsi lieu à une réactualisation des émotions vécues lors de l’événement. Ce type de récits était au centre de quatre communications durant la journée d’étude.

 

La ritualisation de l’écriture de l’émotion à travers les relaciones de suceso servit ainsi de base aux interventions de Christine Orobitg (Université Aix-Marseille, TELEMME) et Sandra Martinez (Sorbonne Nouvelle, CHECLA). Cette dernière, dans « Émotions collectives et individuelles lors de l’autodafé madrilène de 1680 d’après José del Olmo », analysa la mise en récit d’un triple spectacle dans lequel l’émotion était au centre : spectacle tout d’abord des quelques 120 condamnés par l’Inquisition, mais aussi spectacle du roi impassible face aux sentences et aux peines subies, et pour finir spectacle de la foule assistant non seulement à l’autodafé mais aussi à la réaction du roi, ou plutôt à l’absence de réaction du roi, face à ce premier spectacle. Le propos semble donc se déplacer, alors que le titre de l’ouvrage désigne l’autodafé comme le sujet du récit, c’est en réalité le roi qui est au centre. La description de la cérémonie n’est qu’un prétexte à la représentation des valeurs du monarque.

C’est encore une relación de suceso qui fut au centre de « Transformation des émotions et mise en scène du pouvoir dans l’Anfiteatro de Felipe el Grande (1631) », communication dans laquelle la professeure Orobitg étudia l’ouvrage de José Pellicer de Salas y Tovar qui regroupe des textes sur la fête en l’honneur du prince Baltasar Carlos en 1631. Pour célébrer l’anniversaire du prince héritier, un grand combat entre bêtes sauvages fut organisé mais le spectacle tourna au fiasco face au peu de combativité des animaux. Cependant, la mise en scène ratée est passée sous silence par Pellicer qui traduit la réaction colérique du roi Philippe IV qui abat le taureau comme une prouesse. Le spectacle devient ainsi outil de propagande monarchique dans la mesure où il donne lieu à une démonstration des qualités militaires du roi lorsqu’il terrasse l’animal furieux et indomptable d’une seule flèche. La mise en récit s’appuie sur un traitement accéléré du temps, quasiment suspendu lors de l’action royale, et sur l’exagération des émotions suscitées par cet exploit. De la même manière que dans le cas de la maladie de Louis XIV étudiée par Stanis Pérez, la narration d’un événement tragique n’est que le prétexte à un panégyrique destiné au roi représenté dans le premier cas comme un guerrier et dans le deuxième comme triomphant et victorieux.

Les études de Pérez, Buvat, Martinez et Orobitg mirent en lumière la manipulation de l’émotion populaire opérée par la mise en récit de certains événements mettant en scène le monarque face à la foule ou, à l’inverse, le peuple face à son roi. En dehors de cette émotion partagée, toujours positive et surtout très contrôlée, les sentiments du peuple sont considérés comme dangereux. C’est ainsi qu’Emmanuelle Buvat insista sur le dispositif sécuritaire de plus en plus contraignant mis en place autour des processions dans la capitale espagnole à l’époque moderne. En se politisant, en devenant le symbole du pouvoir royal face aux ambassadeurs, l’émotion populaire ne pouvait plus être exprimée de façon spontanée, elle ne devait être que le reflet d’une harmonie et d’une concorde affectives autant que politiques.

 

   La notion de contrôle est tout aussi importante lorsque l’on aborde l’émotion des élites. Comme le disait Vidoni, les comptes rendus du Conseil des Vingt-quatre, représentants de l‘élite montpelliéraine, se caractérisaient par une certaine « aridité émotionnelle », or cette retenue dans l’émotion est caractéristique de la représentation des sentiments du monarque. Audrey Becker (Université de Lorraine, CRULH) étudia la figure de « l’empereur en colère dans l’Antiquité tardive. Autour des discours philosophiques » de Sénèque et de Lactance. La réflexion des auteurs antiques autour de la relation entre le roi et l’expression de l’émotion oscille entre deux visions contradictoires : l’idée selon laquelle le contrôle de soi et l’impassibilité font partie des qualités essentielles au bon monarque et la perception de la colère du Prince comme reflet de la iusta ira divine. Dans un premier temps, la colère devient le fait du tyran régi par ses passions alors que le monarque doit s’élever au-dessus des affects qui pourraient le dominer. Dans un deuxième temps, au contraire, la colère et son expression sont essentielles au bon gouvernement, se faisant ainsi instrument de justice.

Ce débat se retrouve dans la France d’Ancien Régime, comme l’a montré Julien Le Mauff (École Pratique des Hautes Études, Laboratoire d’Études sur le Monothéisme) dans « Raisons d’État et sentiments princiers. Affects et émotions dans les discours de l’exception souveraine à l’âge baroque ». En partant de la célèbre phrase de Richelieu, « Les Princes sont souvent contraints de faire, par raison d’État, des choses du tout contraires à leurs sentiments » 3 , il s’interrogea sur la redéfinition du lien entre le roi et les émotions que les ouvrages de Machiavel et de Guichardin avaient amorcée. Alors que le Moyen-Âge avait adopté l’idée première développée par Audrey Becker, celle d’un monarque symbole de tempérance qui laisse les affects au pouvoir tyrannique, les deux penseurs baroques considéraient les passions comme des instruments nécessaires au gouvernement. La notion d’équilibre des affects, que l’on pourrait assimiler à celles de contrôle et de retenue, reste néanmoins essentielle. La relation entre le roi et ses sujets devait être basée sur l’amour autant que sur la crainte et le monarque ne devait pas se laisser guider uniquement par sa violence et sa cruauté mais aussi par sa bonté et sa pitié.


             L’importance de la gestion des émotions par le Prince fut également signalée par Renaud Malavialle (Université Paris IV Sorbonne, CHECLA) dans son travail intitulé « Juan de Mariana et la politique éducative du Prince » 4 . Dans son traité De Rege et Regis Institutione, l’auteur jésuite s’intéresse à l’apprentissage de la mesure, qualité nécessaire pour gouverner, à travers les arts. Alors que la peinture, la poésie et le théâtre sont traités avec méfiance, voire même avec rejet car considérés comme des portes vers la lascivité et le vice, la musique, quant à elle, est décrite comme symbole d’harmonie et de tempérance. En s’appuyant sur le modèle biblique de Saül ou encore sur celui d’Alexandre le Grand, Mariana insiste sur l’importance de la sensibilité musicale du Prince en distinguant toutefois la pratique de l’écoute. En effet, il limite la pratique à la sphère privée, le Prince ne pouvant se montrer comme un apprenti aux yeux de ses sujets.

Cette distinction entre sphère privée et sphère publique peut être rapprochée de la théorie médiévale du double corps du roi, mystique et naturel. Dans « Figures du roi : les stratégies de l’émotion dans le portrait et la comedia en Espagne au XVIIe siècle », Pierre Civil (Université Sorbonne Nouvelle, CRES) s’appuya sur cette théorie pour analyser la représentation de la Majesté Royale, interprétant le corps du roi comme une incarnation de la charge qu’il occupe, au travers des portraits des Habsbourg réalisés notamment par Velázquez. Ce qui caractérise le roi dans ses représentations de l’époque, c’est la gravitas, cette sobriété excessive qui peut s’assimiler à une négation de l’émotion. L’immobilisme pictural des monarques n’est pas seulement le reflet de l’impassibilité quasi divine, il est aussi un indice de l’imposition à la cour de l’étiquette bourguignonne depuis l’arrivée de Charles Quint sur le trône espagnol 5 . Cette raideur sera donc l’apanage du roi dans ses portraits mais aussi dans sa représentation publique, les émotions et les réactions sont reléguées à la sphère privée, au corps naturel. Le rapport entre immobilisme et Majesté est également marqué dans les relaciones de suceso. L’absence de réaction du roi permet de créer l’image mystique d’un roi divin, surhumain en mettant en avant les valeurs d’endurance, de dévotion, de patience et de résistance afin d’en faire un exemple pour le peuple et de légitimer sa charge et son titre (Sandra Martinez).

 

   Toutefois, l’absence de réaction et le silence pouvaient également être perçus comme une marque d’inexpérience, d’inadaptation aux règles du pouvoir. C’est le cas de l’anecdote étudiée par Xavier Le Person (Sorbonne Université, Centre Roland Mousnier) dans « Un gentilhomme saisi d’émotion devant la Majesté Royale ? Autour du silence éloquent de Guillaume de Guitaut, agent du Prince de Condé à la veille de l’exécution du Traité des Pyrénées (décembre 1659) ». Le silence de l’ambassadeur du Prince fut perçu de manière très différente, c’est pourquoi cette anecdote, qui peut sembler triviale, fait émerger des problématiques autour du traitement de l’émotion en politique. D’une part, l’absence de réaction de l’envoyé fut considérée comme une marque de faiblesse, un symbole d’inexpérience étonnant de la part d’un habitué de la Cour de Bruxelles. D’autre part, le silence fut interprété par certains comme un signe de respect, de trouble face à la figure royale perçue comme lex animata. Dans ce cas de figure, le silence résulte alors, au contraire, d’une forme d’humilité et de contrôle de soi bien venue dans ce contexte politique. L’absence de réaction peut ainsi, selon les conclusions de Xavier Le Person, être tout aussi bien le signe de l’impressionnabilité, d’un manque de contrôle de ses émotions, qu’une preuve de la manipulation de ses sentiments afin d’amadouer le roi, alors en colère contre le Prince de Condé.

 

   Les dix communications de cette journée d’étude organisée sous modalités virtuelles ont ainsi permis d’explorer un champ d’étude très large autour des rapports entre les émotions et le pouvoir. Tantôt incitateur d’émotions, avant tout populaires, qu’il désire joyeuses et harmonieuses, tantôt institution ou figure restrictive des sentiments, le pouvoir politique considère toujours l’émotion de façon paradoxale. En effet, dans les conclusions apportées en fermeture de la journée d’étude, Stanis Pérez mit en exergue les conflits qui existent entre les affects et le pouvoir.

Ce dernier repose avant tout sur un équilibre des affects – équilibre que l’on retrouve dans le balancement entre amour du peuple, développement et expression d’une « politique du cœur » manifestée par la masse à travers les récits, les gestes et les événements, et colère du souverain, crainte et mesurée, selon les principes de Machiavel. L’équilibre émotionnel devient ainsi l’apanage du bon Prince, qui est éduqué dans la mesure, qui se sert positivement de ses émotions sans que celles-ci ne viennent à le contrôler (il se transformerait alors en tyran) mais ne les montre pas en public, s’élevant ainsi au-dessus de la masse. Alors que l’émotion royale est gérée, contrôlée, réprimée, l’émotion populaire est exagérée, violente et parfois redoutée. C’est pourquoi elle doit faire l’objet d’un contrôle très strict de la part de l’autorité, qui se sert d’elle à des fins politiques de légitimité à travers des idées d’adhésion commune, de joie et d’amour envers le roi.
Autre paradoxe que ce colloque aura mis en lumière : l’insensibilité du pouvoir semble nécessaire pour gouverner une entité sensible, mouvante, vivante. Les différents traités doctrinaux, de l’Antiquité jusqu’au XVIIe siècle, théorisent les émotions du Prince, se demandant quelles sont celles que le bon Prince doit avoir mais surtout celles qu’il doit montrer en public. C’est l’absence d’émotion, l’impassibilité, la raideur qui sont érigées en exemples face aux émotions de la foule jugées trop dangereuses ou aux affects du tyran qui l’aveuglent.

 

L’intérêt historique pour l’émotion en politique est relativement récent, l’émergence de l’affective turn en sciences humaines ne remonte qu’aux années 1990. Ce « tournant affectif » (parfois appelée aussi tournant émotionnel), initié par les neurosciences, ouvrit la voie à une réflexion sur le pouvoir non seulement comme institution mais aussi comme représentation des affects, des émotions et des sensibilités (Stanis Pérez).
Cette journée d’étude aura permis de montrer que, bien que l’émotion ne soit entrée que depuis peu dans le champ de recherche en sciences humaines, le pouvoir, quant à lui, s’intéresse depuis l’Antiquité à cette problématique. La théorisation des sentiments du monarque tout comme l’instrumentalisation de l’émotion populaire ont occupé les penseurs dès l’époque moderne et continuent aujourd’hui à poser question.

 



Notes    (↵ returns to text)
  1. « La représentation (ou la non-représentation) des émotions du pouvoir comme la manipulation des émotions à des fins de pouvoir, la circulation des émotions entre le pouvoir (roi, seigneur, ministre, valido, etc.) et le.s public.s dans une interaction non dépourvue d’ambiguïté, sinon de manipulation, sont les champs que cette journée d’études internationale entend explorer », appel à communications « Pouvoir et émotions : sensibilités, représentations et gouvernance. France-Espagne (XVI-XVIIIe siècles) », Stanis Pérez, Sarah Pech-Pelletier et Christine Orobitg, 18/02/2019. https://www.fabula.org/actualites/pouvoir-et-emotions-sensibilites-representations-et-gouvernance-dans-l-euope-moderne-france_89574.php, consulté le 07/01/2021.
  2. Le premier programme proposait 4 thématiques : Indignations, mutismes, mises en scènes et modèles. https://univ-droit.fr/actualites-de-la-recherche/manifestations/32308-pouvoir-emotions-sensibilites-representations-et-gouvernance-france-espagne-xvie-xviiie-s, consulté le 07/01/2021.
  3. Mémoires, éd. Lavollée, T.IV, 1624.
  4. L’intervention de Renaud Malavialle, intitulée dans un premier temps « Émotion aragonaise et mémoire d’un chroniqueur castillan dans l’Historia de Felipe II, rey perfecto de Luis Cabrera de Córdoba. Une lecture de l’exécution publique du Justicia Mayor d’Aragon à Saragosse (1592) », a été transformée afin de mieux correspondre à ses recherches actuelles.
  5. Les discussions suscitées par cette intervention s’interrogèrent également sur l’impact de la goutte qui touchaient les Habsbourg et les forçaient à éviter le moindre mouvement synonyme de douleur, sur l’imposition de l’immobilisme comme caractéristique de la représentation royale.

Auteur

Agrégée d’espagnol et doctorante contractuelle au sein de l’ED 122, LECEMO-CRES (Université Sorbonne-Nouvelle), Kassandre Aslot s’intéresse, dans le cadre de sa thèse, à la représentation du pouvoir à Saragosse, à l’époque moderne, à travers la littérature et l’appropriation de l’espace urbain.

Pour citer cet article

Kassandre Aslot, Journée d’étude « Pouvoir et Émotions : Sensibilités, représentations et gouvernance. France-Espagne (XVI-XVIIIe) », ©2021 Quaderna, mis en ligne le 10 mai 2021, url permanente : https://quaderna.org/journee-detude-pouvoir-et-emotions-sensibilites-representations-et-gouvernance-france-espagne-xvi-xviiie/

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